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Usages

 

  Annaïg Mahé
Doctorante en sciences de l'information


Les méthodes quantitatives

Intérêts et limites
Traitement des données brutes
Définition des données à analyser
Fourniture et format des données
Références

Intérêts et limites

Pour une évaluation quantitative des usages, deux types de données peuvent être utilisées :

• les indicateurs internes classiques recueillis directement par les différents services de la bibliothèque/documentation par des mesures de comptage ou par questionnaires : il est ainsi possible de comparer l'évolution de l'usage des services de revues électroniques avec celle de la fréquentation de la bibliothèque, de la fourniture de documents, et des autres services.

• les données de consultation en ligne recueillies auprès des services d'accès aux revues électroniques, soit directement sur les serveurs en local, soit indirectement sur les serveurs des éditeurs.

Ce deuxième type de données étant encore très récent et leur usage mal défini, nous proposons ici une synthèse des avancées dans ce domaine, basée sur une traduction synthétisée des guides d'évaluation et des travaux réalisés ou en cours (Références).


Un intérêt partagé

Jusqu'à présent, les bibliothèques ne disposaient que de moyens très empiriques et limités pour connaître le degré de consultation de leurs collections. La consultation des revues en ligne va bouleverser les possibilités d'analyse de ce type de consultation grâce au degré de précision bien supérieur des données recueillies, toutes les données relatives à la consultation en ligne étant enregistrées dans des fichiers spécifiques.

Si, au départ, les éditeurs pouvaient craindre l'utilisation de ces données par les bibliothèques pour annuler les abonnements à des titres à faible consultation, les différents acteurs sont actuellement parfaitement conscients de l'intérêt partagé de ce type de données. Les bibliothèques sont devenues dépendantes des fournisseurs pour obtenir des données d'usage qui ne leur appartiennent pas et dont elles ont besoin pour justifier leurs investissements. Pour les consortiums, notamment, ces données sont primordiales pour connaître les types de consultation pour les membres individuels, pour tout le consortium, ou encore pour réaliser des comparaisons d'usage entre les institutions. De façon générale, cela leur donne une meilleure base de négociation. Pour les éditeurs, elles leur permettent de mieux mesurer la santé de leurs collections. Il s'agit surtout d'un nouveau rôle pour les éditeurs et les agrégateurs, et qui leur demande un temps d'apprentissage ainsi qu'un investissement financier. Ceci explique qu'actuellement encore moins de la moitié des éditeurs soient en mesure de proposer ce type de données. Un certain nombre d'intermédiaires proposent aussi des données de consultation de leur service, selon des formats différents (pour en citer quelques uns : OCLC, HighWire Press, Ebsco, RoweCom, Swets-Blackwell).

Les premières analyses basées sur ce type de données indiquent toutes l'usage d'une collection de titres bien plus large que celles offertes en local par les bibliothèques. Ces analyses ont donc un impact important sur la sélection et la gestion des collections : en permettant une couverture la plus large possible, les usagers ont une latitude de choix plus importante, ce qui permet aux responsables de mieux cerner les besoins. L'analyse des données statistiques donne des indications précises sur les usages et permet de les comparer avec le discours tenu par les usagers (une étude a ainsi constaté un usage relativement élevé du format HTML tandis que les usagers déclaraient une forte préférence pour le format PDF), ou encore de comparer les usages du papier et des ressources en ligne. Il est aussi possible de mieux définir les pratiques selon les domaines, notamment pour les différences de besoins en antériorité.


Des possibilités d'analyse encore incomplètes

Les possibilités d'interprétation de ce type de données restent cependant encore très incomplètes : les bibliothèques ont des demandes différentes et il n'y a pas d'homogénéité dans le type et le format des données fournies. Dans le cadre de travaux sur les indicateurs de performance des bibliothèques, un certain nombre d'initiatives travaillent à la mise en place de standards qui permettraient d'exploiter la richesse des renseignements apportés par ce type de données. L'éditeur Elsevier aborde ces questions dès 1996 dans le cadre de son projet Tulip, et une des premières initiatives de standardisation provient de l'ICOLC qui, dès 1997, propose une liste, récemment mise à jour, d'éléments de base à prendre en compte. Les consortiums membres de l'ICOLC ont, en effet, la responsabilité de fournir des données d'usage aux bibliothèques membres, et les fournisseurs sont encouragés à aller au-delà des données minimum requises (cette liste s'adresse cependant plus aux données concernant l'usage des bases de données de façon générale qu'à celles concernant l'usage des périodiques en ligne en particulier).

Selon l'étude de Judy Luther (Références), il est nécessaire de prendre en compte, en premier lieu, le contexte d'interprétation des données pour éviter de tirer des conclusions trop hâtives. La revue reste l'unité de vente et baser le prix sur l'usage peut fonctionner pour les titres les plus populaires, mais cela ne prend pas en compte l'importance de l'impact sur la recherche de titres moins utilisés. Ainsi, le niveau d'activité (les téléchargements de fichiers, par exemple) n'indique pas la valeur d'un article et d'autres facteurs sont à prendre en compte dans l'analyse :

• le temps d'intégration du service dans les pratiques (évalué à une période de 16 mois à 3 ans) ;
• la publicité et la promotion du service qui influe aussi sur les taux d'usage ;
• le type de contenu (présence d'archives ou non) ;
• les barrières à l'usage qui ont aussi leur importance : nécessité d'une inscription, prix, type d'interface, etc.

Il existe, par ailleurs, de nombreux biais relatifs à la collecte des données de base. Les résultats obtenus de ces évaluations quantitatives restent à prendre comme des indicateurs de tendances plus ou moins prononcées, et qui permettent de nombreuses analyses comparatives.

Mise à jour : lundi 4 février 2002
Droits d'auteur réservés Annaïg Mahé - février 2002

 

 
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